Au-delà de l'identité, le passé et la politique mêlés à une bonne dose d'humour
Résumé
Il s'agit de la vie de Adikou, qui se lance dans un périple sur les traces d'un père (né à Aklako — qui signifierait « Là où on s'est reveillé » — au Togo). Elle semble dépaysée :
Pour s'en convaincre, elle semble ne pas maîtriser la vraie prononciation de son nom (Le Professeur l'appelle AdikikUI. Voir P.41). Elle rencontre enfin son père mais se sépare de lui (P.201).
Une narration cinématographique
Dans Adikou, on suit la trame de l'histoire comme si on suivait un film. Il n'y a pas de pause dans la narration qui est faite souvent du prolepse et de l'analepse avec une narratrice homo- et hétérodiégétique par endroit.
Du point de départ de la chambre, à Lomé (dans la voiture du Professeur, puis à la frontière béninoise) en passant par Roissy Charles De Gaulle et aux USA, tous les petits moments sont scrutés avec précision comme le script le fait pour un film :
Couper les cheveux en quatre…
Dans Adikou, tous les détails comptent dans la narration. Pour cela, les répétitions sont très utiles :
C'était l'été et je transpirais dans le polo jour après jour » P.9
Se tenir à carreaux face à la discrimination raciale
Dans une société où le métissage est souvent facteur de discrimination, Adikou propose un deal : « le fifty-fifty ». Tout Homme n'est-il pas d'ailleurs la somme des moitiés ?
Politique et activisme
Le roman rappelle les élections présidentielles de 2017, qui ont vu venir le candidat républicain Donald Trump à la tête des États-Unis. On sent par moment des passages qui font penser aux luttes historiques telles celle de Rosa Parks, le 1er décembre 1955 :
La séparation comme philosophie
Pendant que son père, qu'elle a enfin rencontré après un long périple, digère mal une énième séparation, Adikou loue la séparation :
Pour un premier roman, Raphelle Red a réussi à tout servir sur un même plateau, notamment l'identité, le passé et la politique, avec tact et style.
Auteur de la recension : Gabriel Kombassere